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Et c’est un médecin qui le dit…!

Vous l’aurez compris, je ne suis pas neutre, je collabore régulièrement en santé digitale avec Dr. Jean Gabriel Jeannot, parce qu’en tant qu’ePatiente c’est juste un bonheur d’être compris par un professionnel qui a la même vision de la collaboration médecin-patient. Il y en a d’autres qui fonctionnent en partenariat avec leurs patients, mais il faut les chercher et les trouver, ce qui n’est pas une promenade de santé (sans mauvais jeu de mots) dans une culture encore trop paternaliste.

Entendons-nous, je ne mets pas la faute que sur les professionnels de la santé, c’est tout un système, un paradigme et une culture qui doivent changer. Internet a permis aux non-académiques d’accéder au savoir et les réseaux sociaux et blogs sont devenus une caisse de résonance pour les patients. De plus en plus, les professionnels de la santé ont un nouveau profil de patient autonomisé ou empowered face à eux. Mais tout aussi empowered que puisse être le patient, s’il n’a pas en face de lui une personne réceptive à ce fonctionnement, il ne sera pas très satisfait de son parcours-patient. Il faut être deux pour valser.

Quel « patient » (dans le sens large du terme, car directement ou indirectement nous serons tous des patients tôt ou tard), qu’il soit en situation de maladie aiguë, maladie chronique ou juste à la recherche d’informations, n’utilise pas un moteur de recherche pour comprendre ses symptômes? Même si le professionnel santé méprise les informations qu’un patient trouve sur Internet et lui dit de ne pas aller y chercher des renseignements, cela ne va pas arrêter le patient de le faire. Alors pourquoi ne pas utiliser cette ressource intarissable et interactive à son avantage? Pourquoi ne pas donner des adresses /liens de confiance à son patient? Il viendra en consultation informé, ayant lu des renseignements justes, et il sera préparé avec ses propres questions, ce qui est d’autant plus intéressant pour le professionnel! L’échange peut être d’autant plus riche et stimulant pour le professionnel qui est quitte de répéter inlassablement les mêmes choses à longueur de journée. Je sais que j’ai de la chance d’avoir l’oncologue que j’ai (et je l’ai cherché!) mais je vous assure que lorsque j’arrive à ma consultation avec ma petite liste de questions, elle a les yeux qui pétillent d’intérêt pour la direction que prendra notre conversation. Peut-être ai-je la « licorne » des oncologues, ou peut-être nous avons juste trouvé une collaboration idéale entre experts -elle de l’oncologie, moi de mon corps, de ma vie, de ma situation. C’est possible, j’en suis persuadée, les choses changent, adapt or die et avec ce billet de blog du journal Le Temps La santé (autrement) du Dr. Jeannot vous verrez que c’est possible.

(Merci à Jean Gabriel Jeannot d’avoir accepté que je partage son billet ici)

s'adapter Darwin

Avant d’aller chez le médecin, préparer sa consultation?

L’idée peut paraître saugrenue, en réalité elle ne l’est pas tant que ça. Avant d’aller chez un professionnel de la santé, schématiquement, il  y a deux façons de procéder. La première, la plus simple, vous ne préparez rien, vous racontez à votre médecin votre ou vos problèmes de santé, sans avoir particulièrement  réfléchi à ce que vous alliez dire. La deuxième, plus élaborée, consiste à préparer les questions et  sujets que vous souhaitez aborder.

Si la première méthode est certainement suffisante pour des problèmes de santé aigus (« j’ai la grippe depuis ce matin »), une méthode plus réfléchie sera mieux adaptée aux consultations plus complexes, que ce soit le suivi d’une affection chronique ou le désir du patient d’aborder plusieurs problèmes de santé lors d’une unique consultation.

Certains de mes patients notent sur un petit bout de papier les sujets qu’ils souhaitent aborder ; ce travail préparatoire rend souvent la consultation plus facile (sauf quand la liste est vraiment trop longue…). Je les sens parfois un peu gênés au moment de sortir leur papier, c’est pourtant de la part du patient un signe d’investissement qui doit être reconnu.

 

Le blog d’une patiente

J’ai découvert la position d’une patiente sur ce sujet en lisant, sur son blog,  un article intitulé Pourquoi je lis des blogs de médecine. On peut y lire :

En lisant des blogs de médecin, j’ai découvert des histoires d’autres patients, plus ou moins pénibles. Et surtout, j’ai découvert comment le médecin réagissait à ces autres patients.

Cela m’a donné un regard différent sur les médecins eux-mêmes. J’avais peur des médecins, les histoires racontées çà et là sur la toile m’ont donné confiance : les médecins sont humains, ils font des erreurs mais ils essaient de bien faire.

J’ai beaucoup questionné également mon propre comportement de patiente. Depuis que je me documente sur les blogs et twitter de médecine, j’essaie notamment :

  • De ne pas consulter pour rien.
  • A l’inverse, de ne pas caser 50 motifs de consult en même temps – je reviendrai une autre fois pour parler de mes genoux douloureux ou de mes allergies bizarres.
  • De ne pas exiger un rendez-vous urgent quand ça traîne depuis des jours (voire des années – j’ai attendu quatre ans avant de consulter pour un souffle au cœur lalala).
  • D’être à l’heure (mais d’apporter de la lecture parce que je sais qu’ils seront à la bourre).
  • De ne pas demander d’antibiotiques pour rien… et de lever un sourcil interrogateur si on m’en prescrit.
  • De donner d’emblée tous mes motifs de consultation (sinon, on parle de «consultations de seuil », et c’est chiant pour le médecin).
  • Et depuis cette note où Jaddo parle du pipi d’un de ses patients, j’essaie de donner plus des détails à mon médecin quand il me pose des questions (mais parfois je galère – et dans ce cas, j’attends du médecin qu’il soit indulgent, pas comme cette gynéconasse qui m’a engueulée parce que j’avais oublié certains détails de ma vie sexuelle tout juste naissante).

Et maintenant que je suis franche, succincte et directe avec mon médecin traitant, ça se passe beaucoup mieux entre nous.

Intéressant, non ? On peut même espérer que la gynécologue en question lise des blogs de patients…

 

Pour que les patients et les professionnels de la santé fassent équipe

Les Canadiens sont eux allés plus loin, en créant un projet dont l’objectif principal est justement d’améliorer la communication soignant – soigné. Vous pourrez découvrir sur le site DiscutonsSante.ca qu’il s’adresse aux patients mais aussi aux professionnels de la santé. Vous pourrez apprendre, par exemple, la signification de l’acronyme PIVO qui présente  les quatre compétences qui feront d’un patient un meilleur communicateur : Préparez-vous, Informez-vous, Vérifiez, Osez. L’idée qui sous-tend ce projet est aussi de contribuer à une plus grande autonomie des patients dans la gestion de leur maladie, en particulier pour les maladies chroniques.

Une partie du site est destinée aux professionnels de la santé, avec pour eux aussi l’objectif d’améliorer leurs compétences de communication.

Comme le rappelle DiscutonsSante.ca, « chaque rendez-vous médical est un échange entre deux experts: le médecin, expert des connaissances médicales et vous, expert de votre propre situation ».

 

Dans votre tête ou sur un petit bout de papier

Si avant votre prochain contact avec un professionnel de la santé, vous préparez dans votre tête ou sur un petit bout de papier les sujets que vous souhaitez aborder, l’écriture de cet article n’aura pas été inutile : vous êtes l’expert de votre santé !

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2 réflexions sur “Et c’est un médecin qui le dit…!

  1. Barbotin Danielle dit :

    Je trouve cette attitude très positive, on ne peut que l’encourager. Ce mouvement est en route partout. Au Canada on l’appelle littératie en santé, aux USA empowerment, en France Démocratie en santé. Il s’adresse surtout aux maladies chroniques. Je me heurte à ce problème en cancérologie où c’est très difficile, Qu’on le veuille ou non le malade est en situation de faiblesse pendant la phase aigue, mais après cette phase aigue ne dit on pas qu’il est en rémission et non guéri ? Il doit donc être considéré comme un malade chronique. Après cancer du sein hormono-dépendant, on prescrit des traitements adjuvants pour au moins 5 ans. On considère que 60% des femmes les arrêtent parce qu’elles les trouvent insupportables et souvent sans le dire parce que les médecins insistent. La seule solution pour améliorer l’observance est d’informer les femmes, de leur permettre de participer au choix de leur traitement en connaissance de cause et en collaboration avec les médecins. J’ai écrit un livre sur le sujet : Médecin et malade : plus malade du médicament que de la maladie », j’ai créé une association AFICS : association de femmes pour l’information après cancer du sein. Elle est destinée aux femmes qui arrêtent le traitement, à celles qui ne veulent pas subir les traitements mais participer. Le but est de leur expliquer les différents traitements, le bénéfice et les effets indésirables.. Le but est d’amener à la reconnaissance de tous les effets indésirables parce qu’aujourd’hui ils sont minimisés et même niés.
    L’information et la participation au choix de sont traitement sont des droits inscrits dans le code de santé publique. Les médecins ne pourront pas s’y opposer si les femmes se regroupent et demandent un changement de comportement.
    Peut-être pourrions nous collaborer ?
    Je vous remercie

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    • Bonjour et merci pour votre commentaire. Je suis contente que mon (notre) message vous parle. Il ne faut pas oublier que les choses, la culture, la mentalité sont différentes entre la Suisse et la France (si j’ai bien compris où vous êtes). Au-delà de la philosophie et du message que portent les « patient advocates » je trouve qu’il est important que chacun adapte le message pour le pays/la région où il évolue. En effet, c’est en l’adaptant qu’il sera mieux écouté par ses concitoyens. Pour imager, ce n’est pas parce qu’une idée fonctionne aux USA qu’elle fonctionnera en Suisse. Il faut donc voir ce que vous entendez par collaboration, mais je reste volontiers ouverte à vos propositions pour en discuter plus longuement. Je crois que vous m’avez trouvé sur Facebook puisque vous y avez fait un commentaire sur ma publication, alors je vous laisse m’envoyer un message privé pour que nous regardions la suite à prendre. Meilleures salutations, Christine Bienvenu

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